FFVolley 28 juillet 2026

FFVolley 28 juillet 2026

Que sont-ils devenus ?
Loïc de Kergret

 

Régulièrement, nous revenons sur le parcours et l’après-carrière d’anciens internationaux ou anciennes internationales tricolores, en salle ou en beach. Focus aujourd’hui sur Loïc de Kergret, ancien passeur de Tours (entre autres) et de l’équipe de France (249 sélections), devenu entraîneur au Ré Beach Club, non sans être passé par d’autres expériences professionnelles hors volley.

Avant de revenir sur ton après-carrière, si tu devais retenir trois grands moments de ta carrière, lesquels citerais-tu ?
Il y en a deux qui sont assez simples, c’est le titre en Ligue des champions avec Tours (2005) et la médaille de bronze au championnat du monde avec l’équipe de France (2002), et plus spécifiquement notre quart de finale contre les Argentins (victoire 3-1) devant leur public avec 12 000 supporters contre nous, l’ambiance était incroyable. Le troisième, parce qu’on retient souvent les premières fois, c’est le premier titre avec Tours, la Coupe de France, en décembre 2002. On avait monté cette équipe en début de saison, avec pas mal de nouveaux, et quatre mois après, on remportait cette Coupe à Noël en battant tous les favoris de l’époque, Paris en demi-finale, Poitiers en finale, c’était le début de l’aventure tourangelle.
Comment as-tu pris la décision d’arrêter ta carrière en 2011, à presque 41 ans ?
A partir de 33-34 ans, je ne signais plus que des contrats d’un an, parce que je voulais être sûr de toujours prendre du plaisir à m’entraîner dur. Et à chaque fois, au mois de février, je me posais la question : est-ce que je refais un an ou pas ? Et puis à un moment, à 40 ans, j’ai décidé au mois de septembre que ce serait la dernière. Je me régalais toujours aux entraînements, je jouais encore au haut niveau en essayant de gagner des titres – mon avant-dernière année saison, on avait fait le doublé Coupe-Championnat avec Tours – mais je n’allais pas continuer jusqu’à 50 ans et j’avais déjà un bar-restaurant depuis 2005 à l’île de Ré, j’envisageais aussi de monter une deuxième affaire… Donc j’ai annoncé dès septembre que ce serait ma dernière, en me disant que comme ça, je n’allais pas m’amuser à revenir en arrière !
Quand tu arrêtes en 2011, tu coupes avec le volley ?
Oui, complètement, parce que j’avais ce bar qui m’occupait beaucoup. Je n’ai touché des ballons que quand des potes venaient sur l’île et qu’on pouvait se faire un truc intéressant, mais c’était deux fois par an. Le seul truc que je faisais pour le club (Ré Beach Club, voir notre article) à l’époque, c’était de travailler sur l’événementiel, pour aider à l’organisation de l’étape du championnat de France, mais sinon, j’étais loin des terrains.Ça veut dire que pendant tout ce temps-là, tu as vécu de ton bar à l’île de Ré ?
Oui, ça a duré dix ans. C’était un endroit festif, avec des concerts, beaucoup de monde, mais un jour, j’ai eu envie d’arrêter. Je voyais bien les soucis que pouvait provoquer l’alcool sur certaines personnes et à un moment je me suis dit : « Je ne peux plus vendre ce produit-là, je ne veux plus gagner ma vie en empoisonnant des gens. » Donc j’ai décidé de vendre, j’ai commencé à en parler autour de moi, et ça s’est fait assez vite, on a signé les papiers avant la dernière saison, on a quand même fait cette saison parce que tout était déjà organisé, et j’ai arrêté en 2015, c’était une forme de soulagement.C’est à ce moment-là que tu rebascules dans le volley ou est-ce qu’il y a une transition derrière ?
Il y a eu une petite transition qui m’a servi de bascule. J’avais monté une boîte événementielle de location de trottinettes électriques, qui marchait très bien. Dans le même temps, j’avais des potes plus jeunes que moi qui jouaient en Pro A ou Pro B et qui faisaient du beach l’été. A un moment donné, ils ont voulu faire une vraie saison de beach et sont venus me voir en me disant : « Loïc, on aimerait bien que tu puisses nous entraîner ». Comme j’avais un peu plus de temps, j’ai débuté comme ça, plus en mode coup de main. On a fait une première saison de bric et de broc, ensuite, on a commencé à avoir des performances et c’est là que je me suis investi de plus en plus dans l’entraînement.Tu t’es vite adapté à ce nouveau métier ?
Même si j’avais fait du beach toute ma vie, j’étais nouveau dans ce sport, donc je n’avais jamais trop réfléchi aux séances, aux techniques. Du coup, j’ai passé plusieurs mois à analyser entre trois et quatre matchs par jour en stats, je faisais des montages pour voir ce que les gens faisaient dans telle ou telle situation, et après, j’allais sur nos terrains en extérieur et j’essayais de mettre en pratique ce que j’avais observé. J’ai fait ma propre formation et petit à petit, je me suis senti plus sûr de moi, j’avais vraiment réfléchi à tout pour pouvoir entraîner à plus haut niveau, si bien qu’aujourd’hui, au sein du Ré Beach Club, je m’occupe des entraînements du pôle Espoir et de l’Académie.

Un mot pour finir : tu as longtemps été passeur de l’équipe de France, que t’inspire l’actuel passeur des Bleus, Antoine Brizard ?
J’ai toujours été fan. Je me souviens qu’un jour, Laurent Chambertin m’a dit à propos de lui : « Loïc, regarde Antoine, vous avez les mêmes caractéristiques ». Et c’est vrai qu’on a quelques similitudes : j’étais plutôt grand à l’époque pour un passeur, je servais smashé, je pouvais bloquer, défendre… Ce que j’apprécie avec lui, c’est que c’est un passeur offensif, mais qui reste un vrai passeur, capable de bien distribuer le jeu, avec une bonne qualité de passe. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément, on se croise de temps en temps sur les terrains de beach du côté d’Anglet et on échange toujours avec plaisir.